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Il faut plus de livres à l’école !

19 avril 2016

littérature jeunesse Les écoles reçoivent une aide de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour l’achat de manuels et de logiciels scolaires. Le décret «fourre-tout» adopté récemment permettra aux écoles d’inclure également les livres pour la jeunesse. Je me réjouis que cette littérature soit considérée comme un outil pédagogique et que les achats de livres soient désormais couverts par le budget affecté à l’achat de manuels et de logiciels. Contrairement à ceux-ci, ces livres ne devront pas faire l’objet d’un agrément; confiance sera faite aux enseignants.

J’ai interrogé la ministre de l’éducation pour en savoir plus sur ce changement. Découvrez mon intervention ci-dessous

Question de M. Olivier Maroy à Mme Marie-Martine Schyns, ministre de l’Éducation intitulée «Littérature jeunesse à l’école»

M. Olivier Maroy (MR). – Les écoles reçoivent une aide de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour l’achat de manuels et de logiciels scolaires. Le décret «fourre-tout» adopté récemment permettra aux écoles d’inclure également les livres pour la jeunesse. Je me réjouis que cette littérature soit considérée comme un outil pédagogique et que les achats de livres soient désormais couverts par le budget affecté à l’achat de manuels et de logiciels. Contrairement à ceux-ci, ces livres ne devront pas faire l’objet d’un agrément; confiance sera faite aux enseignants. Quelles sont néanmoins les éventuelles restrictions, Madame la Ministre?

Plus généralement, quelles seront les condi- tions pour qu’un livre pour la jeunesse soit consi- déré comme un outil pédagogique permettant de rentrer dans cette catégorie équivalente aux ma- nuels et aux logiciels? Le décret donne une défini- tion: le livre bénéficiera de l’aide lorsqu’il est «un support d’apprentissage de la lecture et de l’écriture et est un élément important du dévelop- pement du langage et de la culture». Est-ce bien l’unique condition? Les bandes dessinées seront- elles écartées? Qu’en sera-t-il des livres illustrés? Y aura-t-il des quotas entre manuels, logiciels et littérature? Concrètement, cette mesure favorisera- t-elle plutôt la littérature pour la jeunesse en pri- maire ou en secondaire?

J’ai pu lire que toutes les écoles n’utilisent pas chaque année l’aide financière pour les achats de manuels et de logiciels. Pouvez-vous nous donner une idée, un exemple représentatif, afin d’évaluer les effets concrets de cette mesure sur les achats de livres pour la jeunesse chaque année par une école?

Quel sera le lien entre cette mesure et le pro- gramme Écrivains en classe? Le problème pour les professeurs réside souvent dans l’achat des livres de l’auteur invité à venir s’adresser aux élèves. Il est en effet difficile de demander aux parents d’acheter beaucoup d’ouvrages et d’alourdir leurs dépenses scolaires. Pourtant, ce programme est très intéressant, tant pour nos élèves que nos auteurs. Il ouvre l’esprit des jeunes et met en valeur notre littérature. Cette mesure promouvra-t-elle les auteurs belges?

Mme Marie-Martine Schyns, ministre de l’Éducation. – Je trouve très intéressant que les livres de littérature pour la jeunesse soient considérés comme des outils pédagogiques et remboursés. Ces ouvrages participent à l’acquisition de compétences en lecture, ainsi que de savoirs variés en art, en histoire et en découverte du monde. En outre, ils s’intègrent à des formations à l’esprit critique. Les bandes dessinées et les mangas font partie de la littérature de jeunesse.

Dans la mesure où ces ouvrages ne doivent pas être agréés, il est nécessaire de rappeler certains principes. Tout d’abord, les enseignants dis- posent d’une liberté pédagogique. Je leur fais confiance dans le choix des livres destinés à l’acquisition, par leurs élèves, des compétences visées par les référentiels, tout en veillant à respecter les principes d’égalité et de non- discrimination. Je fais aussi confiance aux inspecteurs chargés de vérifier ces pratiques et d’examiner les outils pédagogiques utilisés par les enseignants.

Les chiffres fournis par l’administration pour 2014-2015 montrent que 34 % du budget n’ont pas été utilisés, ce qui explique les nouvelles mesures que le Parlement a récemment adoptées pour permettre aux écoles d’utiliser plus librement leur budget. La répartition entre les différents niveaux d’enseignement est fixée par le décret du 19 mai 2006. Tous les niveaux d’études, dont le secondaire, sont visés. Les établissements pourront donc utiliser ces moyens pour l’achat de livres de littérature de jeunesse en fonction de leurs exigences.

Les ouvrages d’auteurs belges sont financés par cette nouvelle mesure. Le programme Écri- vains en classe n’a pas pour but principal de pro- mouvoir les œuvres littéraires des écrivains rencontrés, mais de créer des moments de réflexion et de partage autour du livre, de la lecture, de la vie entre les écoliers et les écrivains. Ces derniers doivent également accompagner les élèves dans un projet d’écriture.

Afin de faciliter l’accès aux ouvrages d’auteurs belges et à d’autres œuvres littéraires, les enseignants peuvent souvent disposer de multiples exemplaires dans les bibliothèques publiques qui achètent souvent des lots, ce qui facilite la lecture d’un même livre par toute une classe. Il existe aussi un système de prêts interbibliothèques qui permet d’avoir accès aux ouvrages de l’ensemble de la Fédération Wallonie- Bruxelles, moyennant un délai très court.

M. Olivier Maroy (MR). – Je me réjouis de cette mesure intelligente puisqu’on se rend compte que 34 % des budgets n’étaient pas utilisés. Elle s’avère donc bien pertinente.

Je vais une fois encore retaper sur le même clou: notre enseignement n’a pas suffisamment à cœur de promouvoir la littérature belge. Notre pays regorge d’auteurs qui doivent malheureuse- ment faire leurs preuves à Paris avant d’être reconnus chez nous.

J’avais un peu titillé votre prédécesseure sur son plan «Lecture». Même si c’est une autre problématique, tout est lié. Parmi les mesures de ce plan figurait celle visant à sortir de l’européocentrisme et d’ouvrir à la littérature du monde. On devrait commencer par être fier de notre production d’écrivains et donc à l’encourager et à la soutenir. C’est en ce sens que le programme Écrivains en classe est vraiment une très chouette idée, un peu calquée sur le modèle de Journalistes en classe. Il n’y a rien de tel que ce contact entre un écrivain et un groupe d’élèves. J’espère que ce programme continuera à être soutenu. C’était en tous cas la promesse de Joëlle Milquet.

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