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Gaspillage alimentaire : des efforts sont nécessaires.

5 décembre 2016

 Que ce soit au restaurant, à l’école ou à la maison, le gaspillage alimentaire doit diminuer drastiquement. La Wallonie accuse un léger retard par rapport aux autres régions du pays mais la volonté est là. 

J’ai interpellé le Ministre Di Antonio (CDH), en charge de l’environnement, à ce sujet. Retrouvez mon intervention ci-dessous. 

 

M. Maroy (MR). – Monsieur le Ministre, selon les chiffres d’Eurostat, 14 % du volume alimentaire gaspillé provient du secteur HORECA. J’avais un autre chiffre, celui de 25 %. Pourriez-vous me donner le chiffre en votre possession, si tant est qu’il y en ait un ?

Dans votre Plan wallon des déchets qui va bientôt arriver, il y a cette volonté de mieux gérer ce type de déchet. J’imagine que vous vous basez sur un diagnostic précis de la situation. Existe-t-il, ce diagnostic ou bien faut-il encore le faire ? Avez-vous une estimation du volume actuel de nourriture perdu ?

J’ai déjà attiré votre attention au sujet du Rest-OPack avant que vous ne rencontriez Test-Achats. J’avais suggéré d’inciter les restaurants à indiquer, dans leurs menus, l’existence de cette formule qui consiste à permettre au client qui vient manger au restaurant d’emporter avec lui les restes. On appelle cela le doggy bag, mais ce n’est pas très sexy, donc le Rest-O-Pack est beaucoup plus neutre comme appellation.

L’objectif est de faire en sorte que plus personne ne se sente gêné de demander d’emporter les restes. Monsieur le Ministre, pourriez-vous faire le point sur le suivi donné au projet Rest-O-Pack ? Quelle en a été la promotion en Wallonie ? Combien de restaurants participent à cette action ? Quel pourcentage de restaurants participe ? Quels sont les retours d’expérience maintenant que le concept est en place depuis quelques mois ?

Il est aussi question des restaurants de collectivité et des cantines scolaires. Là aussi, des efforts doivent être faits. Quelles sont les concrétisations à ce sujet ? Adapte-t-on suffisamment les portions aux clients ? Il n’est pas rare que, dans une cantine scolaire, on donne des grosses portions à des gamins de 10 ans, c’est un peu idiot. Même chose dans les maisons de repos où il s’agit aussi de faire attention au gaspillage.

M. Di Antonio, Ministre de l’Environnement, de l’Aménagement du territoire, de la Mobilité et des Transports et du Bien-être animal. – Monsieur le Député, en ce qui concerne la part du secteur HORECA, dans le total des quantités de denrées alimentaires gaspillées au niveau européen, plusieurs estimations chiffrées circulent. L’information la plus pertinente et la plus récente à prendre en considération figure dans le rapport 2016 du projet Fusions au niveau européen.

Ce projet, soutenu par l’Union européenne, a permis de compiler et de réaliser une analyse critique de l’ensemble des données disponibles dans les 28 États membres. Selon ce rapport, le gaspillage dans le secteur HORECA représenterait de l’ordre de 21 kilos par habitant ou encore 12 % du total des denrées alimentaires gaspillées au niveau européen.

Au niveau wallon, le diagnostic de la situation est en cours. Une étude a été confiée à l’Institut de conseil et d’études en développement durable et à Biowallonie avec le soutien de la Fédération HORECA-Wallonie. Cette étude sera clôturée en mars 2017. On l’a fait avec le secteur, c’était à sa demande. Pour celui-ci, c’est aussi un enjeu de compétitivité – on y revient –, c’est que les quelques pour cent de nourriture gaspillés lors de la confection des repas pourraient avantageusement venir flatter le chiffre d’affaires des restaurants concernés.

Cette étude le motive très fort. Les résultats des enquêtes et des audits menés actuellement auprès de 450 établissements permettront d’obtenir des données précises qui seront, ensuite, extrapolées au niveau wallon. Cela permettra d’obtenir une estimation globale du gaspillage avec une marge d’erreur de plus ou moins 10 %. Les résultats obtenus jusqu’à présent sont trop parcellaires pour fournir une estimation représentative de la situation.

Concernant l’état d’avancement du projet Rest-OPack, la production des boîtes sera lancée très prochainement. En fait, nous avons eu un petit souci : suite à la présentation de la boîte à Libramont, un créateur dans le domaine nous a menacés d’un procès, considérant que la boîte que nous prévoyions ressemblait trop à une boîte qu’il avait créée et pour laquelle il avait déposé un brevet. On a dû retravailler un peu le projet ; on en est seulement à la phase de production des boîtes alors que, parallèlement, les restaurateurs se sont déjà inscrits. Ils sont demandeurs de recevoir la fameuse boîte. Elle devrait être distribuée au tout début de cette année 2017 ; j’espère en janvier.

Enfin, au sujet de collectivités, un forum consacré au diagnostic et à la mobilisation contre le gaspillage alimentaire dans les cantines scolaires a été organisé en octobre dernier dans le cadre du plan Regal. Il a rassemblé divers représentants des pouvoirs publics, d’écoles et d’associations en lien avec l’enseignement et l’alimentation. Les participants ont pu échanger leurs bonnes pratiques, revoir les conditions des marchés publics, adapter les locaux et les menus, réduire les portions, supprimer les self-services, revoir les grammages ; toutes des actions qui permettent, dans la plupart des cas, de réduire d’environ un quart les gaspillages alimentaires.

M. Maroy (MR). – Je remercie M. le Ministre pour sa réponse d’où ressort l’importance de ce gaspillage alimentaire. Il y a chez soi, à la maison, mais il y a aussi dans les collectivités et dans l’HORECA. Je pensais que le Rest-O-Pack avait été lancé déjà en Wallonie. Il l’a été à Bruxelles, si j’en crois un article de Test-Achats : « Des milliers de Rest-O-Pack distribués à Bruxelles ». Cela date de février 2016. À cette époque, 10 000 boîtes avaient déjà été distribuées.

La Wallonie est un peu en retard, si je comprends bien, par rapport à la capitale, mais on ne va pas faire la fine bouche, l’essentiel est que l’on y arrive. C’est une très bonne idée qu’avait suscitée Test-Achats. Je me réjouis que vous ayez suivi Test-Achats dans cette idée. Avec une bonne promotion, il devrait être possible, en peu de temps, de faire changer les comportements, de manière à lutter contre le gaspillage alimentaire.

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